Dessiner la Transition II

Outils et dispositifs pour le projet de la métropole écologique | Cycle conjoint de séminaires Bruxelles-Genève

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Dessiner la transition - II

L'équipe LOCI du Metrolab.Brussels a le plaisir de vous inviter, conjointement avec La Fondation Braillard Architectes et le laboratoire LaSUR-EPFL, à la cinquième séance du cycle de conférences:

Dessiner la transition II

Toutes les séances sont mises en place en temps réel entre Bruxelles et Genève et disponibles par streaming vidéo sur notre chaîne Youtube Metrolab Brussels

Nouvelles agricultures métropolitaines

Jeudi 20 juin 2019 de 17:00 à 19:00

PROGRAMME

Cas d’étude 7 : Urban agriculture cooperatives on shared landscapes

  • Roselyne de Lestrange, architecte-urbaniste, paysagiste, professeur UCLouvain
  • Jolein Bergers, PhD student KULeuven, Brussels Ecosystems' team

Cas d’étude 8 : La ferme de Budé

  • Marie Brault, responsable de culture

La séance sera modérée par Emmanuel Ansaldi, direction générale de l'agriculture, Genève.

Le 27 janvier 2019, la revue médicale « The Lancet » publie un rapport sur la « syndémie mondiale d’obésité, de dénutrition et de changement climatique ». Il met en évidence que système alimentaire globalisé, politiques agricoles, modes de transport et urbanisation sont « les différents maillons d’une même chaîne, qui étrangle l’humanité - et la planète » ( AFP 28 janvier 2019 ).

Si l’agriculture industrielle est au cœur de ce régime pernicieux, des pratiques alternatives constituent à l’inverse de véritables niches qui peuvent contribuer à le transformer. Parmi elles, l’agroécologie offre des perspectives qui vont bien au-delà de la production de nourriture. Science et pratique qui prend soin du milieu, elle est aussi un mouvement, un projet de société. Cette approche fonde de nombreuses initiatives aussi bien citoyennes que publiques dans les métropoles où, sur fond d’imaginaire de la ville nourricière, l’agriculture retrouve une présence et une visibilité qu’elle a progressivement perdues au cours des 150 dernières années.

Néanmoins, malgré leur dynamisme et les perspectives de soutenabilité qu’elles offrent, ces nouvelles agricultures sont confrontées à des paradoxes et des blocages socio-techniques qui les fragilisent et ralentissent leur déploiement.

Cette situation soulève de nombreuses questions. Devrait-on considérer les cultures de terre en ville comme un service à la société ? Quelles logiques territoriales cela inviterait-il à repenser ? Quels critères pour arbitrer entre droit au logement et protection de la ressource rare qu’est le sol fertile ? Comment concilier dans l’espace des pratiques depuis si longtemps disjointes ? Comment composer avec un cadre normatif souvent flou ou inadapté ? Aborder par le design ce phénomène qui semble suivre à des logiques plutôt organiques est-il envisageable ?

De fait au quotidien, hybridant choix radicaux et bricolage avec les normes, les paysans urbains inventent de nouvelles géographies qui prennent corps dans le paysage. Il s’agira d’interroger les modalités de leur description, et la pertinence de les penser en termes de projet.

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Cliquez ici pour retrouver les vidéos ainsi que le matériel présenté par les différent.e.s intervenant.e.s pendant la séance.
Les archives du cycle sont disponibles ci-dessous.

Archives 2019

La triste esthétique

Jeudi 28 février 2019 de 17:00 à 19:00
La séance a introduit les divers thèmes abordés cette année suite au premier cycle suivie d'une conférence de Fabio Merlini.

Introduction au cycle: Bernard Declève, professeur UCLouvain, Metrolab Brussels Panos Mantziaras, directeur de la Fondation Braillard Architectes Vincent Kaufmann, directeur du laboratoire LaSUR-EPFL

Conférence: Fabio Merlini, philosophe, président de la Fondation Eranos (Ascona) Que reste-t-il de la grande ère du design du siècle dernier, où l'innovation, l'esthétique et le projet se sont virtuellement alliés pour donner corps au rêve d'une émancipation soucieuse d'améliorer les conditions de vie des individus et de la société dans son ensemble? Pourquoi aujourd'hui, tout comme on parle d'une dismal science, faisant référence à la science économique, il nous est aussi possible de parler d'une esthétique triste? Nous sommes témoins de processus qui ont fait exploser cette alliance vertueuse-là pour plier la forme des choses qui meublent notre monde au simple calcul économique, et où l'innovation semble encore limitée à la seule sphère technologique. Que cache-t-il, d’une part, et que vise-t-il, par exemple, le design raffiné de nos outils de communication actuels ou les étonnantes architectures, si glamour, de nos villes?

Fabio Merlini est directeur de l'Institut universitaire fédéral pour la formation professionnelle de la Suisse italienne (IUFFP-Lugano) et président de la Fondation Eranos (Ascona). Il a publié, entre autre: "L'époque de la performance insignifiante. Réflexions sur la vie désorientée" (Paris 2011); "Schizotopies. Essai sur l'espace de la mobilisation" (Paris 2013); "L’architecture inefficiente" (avec L. Snozzi, Marseille 2016); "La triste esthétique. Essai sur les catastrophes de l’immédiateté" (Paris 2018).

Les tiers-lieux de l'économie sociale

Jeudi 28 mars 2019 de 17:00 à 19:00
La séance a été modérée par Luca Pattaroni, Docteur en sociologie, chargé de cours, chercheur (EPFL).

Cas d’étude 1 :Singularités des tiers-mieux de l'économie sociale à Bruxelles: Recyclart, Zinneke, La Vallée.

  • Marine Declève, Historienne de l’art et urbaniste, Metrolab Brussels, PhD student EPFL.
  • Chloé Salembier, Anthropologue, professeure, UCLouvain.

Cas d’étude 2 : L’ expérience des "ressources urbaines".

  • Matthias Solenthaler, Politologue, co-fondateur de la coopérative Ressources Urbaines.

A Bruxelles, à Genève et ailleurs, on voit se multiplier une nouvelle génération d’espaces partagés ( co-workings, fablabs, ateliers collaboratifs etc. ). Repris sous l’appellation « tiers-lieux », ces espaces sont des espaces collectifs intermédiaires, ni tout à fait publics, ni tout à fait privés, qui favorisent l’individuation et caractérisent des temporalités et des sociabilités spécifiques. En tant que ressource spatiale et de biodiversité, le tiers-lieux réunit un certain nombre de conditions d’informalité, d’ouverture, de flexibilité, de viabilité, de convivialité et d’accessibilité qui en font à la fois une pièce ( patch ) identifiable dans l’écosystème urbain et un hub pouvant contribuer à la structuration de réseaux et à la production de nouvelles proximités à différentes échelles socio- spatiales.

En tant que ressource socio-politique, le tierslieux apparaît comme une figure capable d’associer trois dimensions contrastées de la ville productive : celle de la nouvelle économie, centrée sur la valorisation des nouvelles technologies, la création et la production de biens et services immatériels ; celle de l’artisanat, centrée sur la création et la manufacture de biens matériels ; et celle de l’économie sociale, entendue comme une économie dont le système de valeurs se fonde sur la qualité et le renforcement du lien social. L’expression tiers-lieux renvoie en effet à l’idée de tiers-secteur et à une économie politique structurée autour des notions de bien commun, d’open source, de solidarité, de coopération et de mutualisation. Dans sa capacité à fédérer un public autour d’une programmation socio-culturelle, il est aussi une figure génératrice de nouvelles formes de relation entre habitat et travail au sein de la walkable city.

Quelles sont les figures du tiers-lieux observables à Bruxelles et Genève ? En quoi les tiers-lieux fontils écosystème ? Et comment s’intègrent-ils dans les (éco)systèmes existants ? Dans quelle mesure les projets d’économie sociale contribuent-il ou non à la transition du système économique vers sa version écosystèmique ? Quelles méthodes mobiliser pour représenter cette transition ?

Cliquez ici pour retrouver la vidéo de la séance ainsi que le matériel présenté par les différent.e.s intervenant.e.s.

Occupations transitoires

Jeudi 25 avril 2019 de 17:00 à 19:00
La séance a été modérée par Chloé Salembier, Docteure en Anthropologie, professeure, UCLouvain.

Cas d’étude 3 :Les entre-deux du projet urbain à Bruxelles. Studio Citygate et Pop-up Canal.

  • Anna Ternon, architecte-urbaniste, PhD student Metrolab Brussels, UCLouvain & Brussels Ecosystems' team.

Cas d’étude 4 : Le festival Antigel à Genève.

  • Thuy-San Dinh, co-directrice et coordinatrice générale du festival Antigel
  • Eric Linder, co-directeur et directeur artistique du festival Antigel

Les sites urbains en mutation font dans plusieurs villes l’objet d’un nouveau corpus de pratiques réunies sous le vocable d’ « urbanisme transitoire» . Ceci englobe toutes les initiatives qui visent, sur des terrains ou bâtiments non occupés, à réactiver la vie locale de façon provisoire lorsque l’usage du site n’est pas encore décidé ou le temps qu’un projet se réalise. L’urbanisme transitoire investit aussi bien des immeubles vides, des sites bâtis à l’échelle d’un projet urbain ou des terrains vagues, dans des stratégies multi sites ou bien au coup par coup.

L’ouverture des possibles sur ces sites suscite innovation, créativité et mixité des usages, ferment d’une ville ouverte, coconstruite et répondant aux besoins de ses habitants actifs ( habitants, travailleurs, étudiants, etc. ). L’urbanisme transitoire réussit souvent, dans un temps court, à créer une valeur sociale que les projets urbains traditionnels ne réussissent à susciter que sur le long terme. Ces initiatives de terrain viennent donc questionner les modalités de la fabrique urbaine.

L’urbanisme transitoire ne vise pas seulement l’occupation temporaire d’un espace, contrairement à l’urbanisme temporaire. La notion d’urbanisme transitoire veut assumer les deux dimensions du terme transition : d’une part celle du passage de l’AVANT à l’APRES qui pose la question de la capacité des usages transitoires à accompagner et à influencer la mutation d’un site en projet et à réaliser une connexion qualitative entre les usages passés, actuels mais aussi à venir du lieu ; et d’autre part celle de la transition écologique qui pose la question de la capacité de ces usages transitoires de porter le récit de la transition ( énergétique, écologique, économique, sociale et politique ). Dans le débat sur la densité, l’urbanisme transitoire constitue une des meilleures armes permettant à la société civile de lutter en faveur d’une densification qualitative de la ville, structurée et régulée par l’espace public.

Il s’agira aussi de mettre le doigt sur le risque d’une « événementialisation » des politiques urbaines au détriment d’un travail systématique sur les injustices spatiales, laquelle pourrait alors reléguer le transitoire en temporaire, sans doute moins moteur d’une véritable transition.

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L'économie circulaire

Jeudi 23 mai 2019 de 17:00 à 19:00
La séance a été modérée par Stéphane Thomas, directeur de programme économie circulaire chez Veolia Innove.

Cas d’étude 5 :L'écologie industrielle comme axe de l'économie circulaire.

  • Benoît Charrière, directeur général adjoint Sofies International, Genève. Cas d’étude 6 :Hot spots de l'économie circulaire.
    • Andrea Bortolotti, architecte, PhD student Metrolab Brussels, ULB.
  • Geoffrey Grulois, architecte, professeur ULB, Metrolab Brussels.

La séance sera modérée par Stéphane Thomas, directeur de programme économie circulaire chez Veolia Innove.

L’économie circulaire est l’un des piliers des politiques urbaines européennes contemporaines. À Bruxelles, par exemple, le Plan Régional en Économie Circulaire ambitionne de remplacer le modèle économique linéaire actuel par un système économique circulaire à la fois compétitif sur les marchés pour nos entreprises et générateur d’emplois locaux.

Quels sont les avancées et les obstacles rencontrés par la mise en application de cette politique publique ? Quels réarrangements des écosystèmes matériels, sociaux et politiques implique-t-elle ?
Il s’agira de questionner non seulement le métabolisme de ces circulations mais aussi leurs échelles pertinentes qui dessinent au final les territoires de la transition.

Cliquez ici pour retrouver la vidéo de la séance ainsi que le matériel présenté par les différent.e.s intervenant.e.s.

Archives 2018

Pour retrouver les abstracts du premier cycle, cliquez ici

Retrouvez également les vidéos du premier cycle de "Dessiner la Transition" via ces liens:

Vous pouvez écouter l'enregistrement audio de la 1ère séance sur le site de la Fondation Braillard Architectes.

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